Ouvrir la fenêtre quand il fait froid dehors donne l’impression de jeter son chauffage par la fenêtre, comme le raconte cette retraitée qui aère malgré le froid. Pourtant, c’est précisément le geste que beaucoup de conseils déconseillent d’abandonner en hiver. La question de la facture revient chaque année, et la réponse tient à la façon d’aérer plus qu’à l’aération elle-même.
Le conseil d’aérer brièvement et en grand, souvent associé à l’ADEME, repose sur une idée simple : ce qui coûte cher, ce n’est pas d’aérer, c’est de laisser la fenêtre ouverte longtemps. Il suffit de environ 10 minutes fenêtre grande ouverte pour renouveler l’air, puis de refermer immédiatement pour que le chauffage reprenne la main.
Comment aérer efficacement : grand ouvert 10 minutes, pas l’oscillo-battant toute la journée
Pourquoi dix minutes et pas davantage ? Ce laps de temps suffit à remplacer l’air chargé d’humidité par de l’air plus sec. Au-delà, l’air neuf n’apporte presque plus rien, mais les murs, les meubles et les rideaux continuent de se refroidir. Mieux vaut donc deux ou trois ouvertures courtes dans la journée, par exemple au réveil, à midi et en fin d’après-midi, que une fenêtre entrouverte pendant des heures.
Le piège classique reste l’oscillo-battant. Laissé en position entrebâillée toute la journée, il refroidit en continu les parois autour de la fenêtre, ce qui favorise la condensation. Une fois l’humidité installée, les moisissures s’invitent dans les angles et derrière les meubles, et le papier peint finit par cloquer. Le chauffage travaille alors pour rien.
Oscillo-battant toute la journée : le piège à éviter
Une fenêtre entrouverte en continu ne renouvelle pas mieux l’air qu’une ouverture franche de quelques minutes, elle refroidit surtout les murs. Pour aérer, ouvrez en grand, puis refermez.
Pourquoi l’air humide coûte plus cher à chauffer
Un air chargé d’humidité paraît plus froid qu’un air sec à la même température. Beaucoup de personnes réagissent en montant le thermostat, ce qui alourdit la facture sans régler le problème de fond. Un logement fermé hermétiquement garde son humidité, et c’est justement ce qui favorise la condensation et les moisissures.
Aérer régulièrement sert donc à assainir l’air autant qu’à le renouveler. Pour les logements qui restent humides malgré les ouvertures, la ventilation mécanique contrôlée (VMC) permet d’évacuer l’air vicié en continu sans gaspiller la chaleur. Un guide de l’ADEME consacré au choix d’une ventilation permet de comparer les solutions selon son logement.
Limiter les déperditions : volets, joints, boudin de porte et trappe de cheminée
Aérer ne doit pas devenir une porte ouverte aux pertes. Une responsable de l’information grand public à l’ADEME rappelle qu’il faut fermer les volets la nuit, et même la journée lorsque personne n’est à la maison, pour éviter que les vitres restent en contact direct avec le froid. Si le logement n’a pas de volets, des rideaux thermiques créent une barrière entre la fenêtre et la pièce, avec un intérêt aussi l’été.
Les courants d’air passent souvent par des défauts qu’on ne remarque pas tout de suite. Les gestes les plus abordables consistent à vérifier :
- les joints de fenêtre, peu coûteux et faciles à poser, même si un changement complet reste préférable ;
- le boudin de porte, qui bouche l’espace entre le sol et le bas de la porte ;
- les portes donnant sur un garage ou un sous-sol froid, où des plaques de mousse isolante collées côté froid limitent les infiltrations ;
- la cheminée ouverte, qu’une trappe posée en bas, voire en haut du conduit, rend étanche.
Ce dernier point mérite une explication. Une cheminée n’a plus de feu permanent pour pousser l’air chaud vers l’extérieur, et le froid s’engouffre alors par le conduit.
Radiateurs, douche et ballon d’eau chaude : les autres économies conseillées
Pour les radiateurs, il vaut mieux les baisser que les éteindre complètement lorsqu’on s’absente, et même baisser son chauffage de 1 °C change nettement la facture. Le réflexe de tout remonter au maximum à son retour fait souvent surchauffer la pièce. La recommandation est de descendre à 16 °C pendant la journée et de remonter à 19 °C en rentrant. Dans une chambre où l’on ne fait que dormir, 16 °C peuvent suffire.
Des régulateurs de chaleur et des programmateurs, parfois pilotables à distance, vont plus loin. Une étude citée par l’experte évoque jusqu’à 15 % d’énergie économisée sur le chauffage grâce à ce type d’équipement, selon le contexte de cette étude.
Dans la salle de bains, la tentation des douches plus longues et plus chaudes revient en hiver. Installer des mousseurs ou des réducteurs de débit reste utile en cette saison : selon les cas, l’économie d’eau atteint 30 à 50 %, et jusqu’à 75 % avec certains réducteurs de douche. Le gain porte aussi sur l’eau chaude, donc sur l’énergie qui sert à la chauffer.
Enfin, un ballon d’eau chaude situé dans une pièce non chauffée perd beaucoup de chaleur. Une jaquette, sorte d’isolant qui l’entoure, évite selon l’experte un tiers des pertes. Un chauffe-eau réglé sur les heures creuses complète utilement le dispositif, et le réglage du chauffe-eau à 55 °C fait partie des gestes les plus rentables.
Suivre sa consommation pour repérer les points faibles
Le dernier conseil de l’experte concerne le suivi. Les fournisseurs d’énergie permettent souvent de consulter sa consommation jour par jour, parfois heure par heure. Un pic de consommation certains jours révèle souvent un point faible du logement, qu’il s’agisse d’une fenêtre mal isolée ou d’un chauffage mal réglé. C’est le premier pas avant d’envisager des travaux.
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