Si votre pension totale dépasse 1 260 euros par mois, la hausse prévue en janvier 2027 n’est plus garantie. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 prévoit une revalorisation à plusieurs vitesses, qui ralentit à mesure que le montant grimpe, avec un gel possible au-delà du seuil haut. Voici ce que le texte prévoit, seuil par seuil.
Retraite au-dessus de 2 034 € : gel ou sous-indexation en janvier 2027 ?
Le point de départ est une formule d’inflation lissée sur douze mois, inscrite dans le Code de la Sécurité sociale. Elle donnerait une revalorisation de 1,7 % pour les retraites de base. Le gouvernement veut toutefois y déroger pour 2027 par l’article 35 du PLFSS, qui distingue les pensions selon leur montant. Dans le cadre des économies prévues avec le budget 2027, la hausse sera donc moindre que prévu pour une partie des retraités, et au-delà du dernier seuil, autour de 2 034 euros, le texte ouvre la porte à un gel.
Moins de 1 260 € : la hausse de 1,7 % est maintenue
Pour les petites pensions, la règle ne change pas. Si votre montant total, base et complémentaire additionnées, reste inférieur à 1 260 euros, votre pension de base versée par l’Assurance retraite du régime général augmenterait de 1,7 % en janvier 2027. Cette hausse suppose que les prévisions d’inflation se confirment.
Entre 1 260 € et 2 034 € : une sous-indexation par paliers
Entre les deux bornes, le texte ne fixe pas une hausse unique mais une succession de seuils. Le dossier de presse du ministère de l’Économie évoque « deux seuils de revalorisation (1 260 euros et 2 000 euros) ». Autour de ces deux points, le texte prévoit des paliers intermédiaires : de 1 265 à 1 281 euros pour le bas, puis de 2 007 à 2 034 euros pour le haut, selon les catégories de pensions. Ce lissage vise à éviter les effets de seuil, ces situations où un euro de plus ferait perdre une hausse entière.
Les taux cités par la presse ne sont que des exemples : 1,6 %, 1,5 % et 1,4 % sur certaines tranches intermédiaires, 1 % entre 1 260 et 2 000 euros, puis 0,8 % et 0,6 % entre 2 000 et 2 034 euros. Rien n’est figé à ce stade, et la hausse effective dépendra du décret.
Ce que cela représente pour une pension totale
Pour mesurer l’enjeu, on peut comparer une hausse de 1,7 % avec l’exemple d’un taux de 1 % appliqué à l’ensemble du montant. Il s’agit d’une simulation illustrative, car le texte n’indique pas encore le taux exact de chaque tranche.
| Pension totale mensuelle | Hausse à 1,7 % | Exemple avec taux illustratif | Manque à gagner par an |
|---|---|---|---|
| 1 500 € | 25,50 € par mois | 15 € par mois (1 %) | environ 126 € |
| 1 800 € | 30,60 € par mois | 18 € par mois (1 %) | environ 151 € |
| 2 100 € | 35,70 € par mois | 0 € (gel possible) | environ 428 € |
Sur ces exemples, l’écart dépasse 400 euros par an dès que la pension franchit le seuil haut. Pour chiffrer ce scénario, lisez le coût du gel des pensions. Pour situer votre propre cas, trois étapes suffisent :
- additionner votre pension de base et votre retraite complémentaire ;
- comparer ce total aux seuils de 1 260 euros et de 2 034 euros ;
- attendre le décret qui fixera les taux exacts pour chaque palier.
Brut ou net : le point que le texte laisse ouvert
Le texte ne précise pas si les seuils s’entendent en brut ou en net. Avant de tirer une conclusion sur votre situation, vérifiez le montant pris en compte sur votre relevé de pension.
Un projet encore soumis au vote et un possible changement après la présidentielle
Rien n’est encore acquis. Le taux exact appliqué au-dessus de 2 000 euros doit être fixé par décret, sur proposition du comité de suivi des retraites. Plusieurs membres du gouvernement ont évoqué un gel pour les cumuls mensuels au-delà de 2 000 euros, mais la décision n’est pas prise. Le PLFSS doit en plus être adopté par le Parlement pour s’appliquer.
Le texte prévoit aussi qu’un décret puisse être pris plusieurs fois au cours de 2027 pour revaloriser davantage les pensions, dans la limite de l’inflation, avec effet rétroactif au 1er janvier 2027. Cette souplesse permettrait à un futur gouvernement de revenir sur le gel, notamment après l’élection présidentielle. Le sort des retraités situés au-dessus de 1 260 euros dépendra donc autant des décrets à venir que du vote du budget.
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