Si votre logement se situe dans une zone touchée par le retrait-gonflement des argiles, votre cotisation pourrait augmenter de 6,5 % à 7,5 % en 2027. Dans le même temps, la taxe attentat passera de 6,50 € à 8,50 € par contrat au 1er janvier 2027. Voici ce que représentent ces deux hausses, pourquoi elles arrivent et comment limiter la note sans rogner sur vos protections.
Assurance habitation 2027 : une hausse de 6,5 % à 7,5 % et une taxe attentat portée à 8,50 €
La hausse moyenne attendue pour l’assurance habitation se situe entre 6,5 % et 7,5 % en 2027. Ce chiffre dépasse nettement l’inflation de 2,4 % relevée par l’INSEE en août 2026, selon le cabinet Addactis. Autrement dit, les cotisations progressent plus vite que le reste des prix.
À cela s’ajoute la taxe attentat, gérée par le FGTI. Elle passera de 6,50 € à 8,50 € par an et par contrat d’assurance de biens à partir du 1er janvier 2027. Le montant reste modeste pour un seul contrat, mais il grimpe vite dès que l’on en cumule plusieurs.
| Nombre de contrats de biens | Taxe attentat actuelle | Taxe attentat dès 2027 |
|---|---|---|
| 1 contrat | 6,50 € | 8,50 € |
| 2 contrats | 13 € | 17 € |
| 3 contrats | 19,50 € | 25,50 € |
Pourquoi les primes augmentent : sinistres climatiques et retrait-gonflement des argiles
Le retrait-gonflement des argiles est au cœur du problème. Quand le sol s’assèche pendant les sécheresses puis se gorge d’eau avec les pluies, les argiles se contractent puis gonflent, ce qui fissure parfois les fondations. Ces dégâts restent souvent invisibles pendant des mois, alors que leur réparation peut coûter très cher. Selon Addactis, ce risque concerne aujourd’hui 10 à 12 millions de maisons individuelles.
Les assureurs ne peuvent pas ignorer cette exposition diffuse. Contrairement aux catastrophes naturelles soudaines, le retrait-gonflement produit une sinistralité continue et difficile à anticiper. Les compagnies étudient donc la composition des sols et les projections climatiques pour ajuster leurs tarifs, si bien que deux maisons voisines peuvent payer des primes très différentes.
Les événements extrêmes de 2026 ont aussi pesé lourd : tempêtes, inondations, sécheresses et incendies de forêt se multiplient. France Assureurs note qu’ils deviennent à la fois plus fréquents et plus coûteux. Olivier Moustacakis, de son côté, évoque une hausse de plus de 31 % du coût unitaire des sinistres en cinq ans, tirée par la main-d’œuvre, les matériaux et les normes énergétiques. Les assureurs doivent reconstituer leurs réserves techniques, et cette charge finit dans les primes.
Des hausses inégales selon les régions et les zones à risque
La moyenne de 6,5 % à 7,5 % masque de vraies différences d’un territoire à l’autre. Dans les zones à risque élevé, exposées au retrait-gonflement ou aux inondations, les primes peuvent progresser de plus de 10 %. D’autres secteurs ne subiront que des hausses de 4 % à 5 %. Le Sud-Ouest, le Centre et une partie du Bassin parisien figurent parmi les territoires les plus concernés.
Pour savoir où vous vous situez, commencez par vérifier si votre commune est exposée au retrait-gonflement, puis comparez votre cotisation actuelle avec ce que vous proposent les autres assureurs. Les ménages modestes sont les premiers à souffrir de ces écarts, car une hausse de 10 % pèse beaucoup plus lourd sur un petit budget.
Ce que signifie l’écart entre 4 % et 10 %
Deux propriétaires assurés chez le même assureur peuvent subir des hausses très différentes simplement parce que leurs adresses n’ont pas le même niveau d’exposition. Le contrat ne dit pas tout : c’est aussi la localisation du bien qui fait la différence.
Comment limiter la hausse sans réduire ses garanties
Face à ces hausses, la tentation est de réduire la couverture : relever la franchise, supprimer une garantie optionnelle ou déclarer un bien en dessous de sa valeur. Ces économies sont pourtant les plus risquées. En cas de sinistre, il faut parfois financer soi-même les réparations non couvertes, et certains ménages renoncent à réparer entièrement leur logement.
Il existe des leviers plus sûrs. Comparer les offres d’un assureur à l’autre permet souvent de repérer des écarts importants pour des garanties équivalentes. Négocier son contrat reste également possible, même si tous les ménages ne s’en sentent pas capables. Enfin, vérifier que le capital assuré correspond bien à la valeur de reconstruction de votre logement protège contre une sous-assurance coûteuse le jour où un dégât survient.
Vers une assurance habitation adaptée au climat ?
Ces hausses posent une question de fond sur la mutualisation des risques, qui repose sur la solidarité entre assurés. Certains experts plaident pour une tarification ajustée à chaque adresse, tandis que d’autres envisagent une intervention publique via un fonds de solidarité climatique. Le débat reste ouvert, mais une chose est claire : le climat pèse désormais directement sur le prix de votre assurance habitation.
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