Le passage à l’heure d’hiver alourdit bien la facture d’électricité, mais de si peu qu’il passe presque inaperçu. Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, à 3 heures du matin il sera 2 heures, et les soirées s’assombriront plus tôt. Sur tout l’hiver, cela représente environ 3 € de dépense en plus, et seulement une dizaine de centimes une fois l’année bouclée.
Reste à comprendre d’où vient ce chiffre, pourquoi la date tombe si tôt cette année et pourquoi le dispositif a perdu presque toute sa portée.
Ce que ça coûte vraiment : environ 3 € sur l’hiver
Reculer les montres allonge la période où l’on allume la lumière en rentrant du travail. Pour un logement équipé en LED, cela ajoute environ une heure d’éclairage par jour sur quelque 150 jours, soit de l’ordre de 15 kWh sur la saison. Ce surcroît de consommation reste très modeste à l’échelle d’un foyer.
Le calcul s’appuie sur le tarif réglementé de vente (TRV) en vigueur depuis le 1er août, à 0,2001 € le kilowattheure en option base, un prix à comparer avec la hausse des marchés de l’électricité. Avec 15 kWh facturés à ce prix, la note grimpe d’environ 3,00 € sur l’ensemble de l’hiver. Ce tarif évolue, et le montant suivra les prochaines mises à jour.
Le passage à l’heure d’été, fin mars, produit l’effet inverse et fait gagner un montant à peine supérieur. Sur une année complète, les deux mouvements s’annulent presque, et le solde tient dans une dizaine de centimes. Rapporté à une facture annuelle de plusieurs centaines d’euros, cet écart est impossible à repérer sur un relevé.
Pourquoi le changement tombe le 25 octobre 2026
La date est fixée par une règle européenne harmonisée en 1998 : le passage à l’heure d’hiver a lieu le dernier dimanche d’octobre, celui à l’heure d’été le dernier dimanche de mars. Comme octobre compte 31 jours, ce dernier dimanche ne peut tomber qu’entre le 25 et le 31. Cette année, il tombe sur la borne basse, ce qui en fait le changement le plus précoce possible.
Le phénomène reste rare. Le 25 octobre n’a été la date du changement qu’en 1998, 2009, 2015 et 2020, et il faudra attendre 2037 pour le revoir. L’an dernier, le basculement avait eu lieu le 26 octobre, et l’année d’avant le 27, si bien que la nuit s’installe un peu plus tôt dans le mois que ces dernières années.
Chauffage et climatisation : l’idée reçue
L’idée revient souvent : décaler les montres ferait consommer davantage de chauffage. Le changement d’heure n’a pratiquement aucun effet sur le chauffage ni sur la climatisation. Ces deux postes répondent à la température extérieure, et non à la position des aiguilles, si bien qu’une maison ne chauffe pas plus parce que la nuit commence une heure plus tôt.
Lave-linge et chauffe-eau : le levier qui pèse vraiment
Les heures creuses sont définies en heure légale, elles ne bougent donc pas le 25 octobre. Ce qui change, c’est la lumière du jour autour d’elles. Une réforme en cours déplace déjà une partie de ces plages : elles comprennent désormais au moins cinq heures consécutives la nuit, entre 23 h et 7 h, et jusqu’à trois heures entre 11 h et 17 h du 1er avril au 31 octobre. Décaler un lave-linge ou un chauffe-eau dans la bonne plage fait gagner bien davantage que les 3 € d’éclairage d’un hiver entier, et le réglage du chauffe-eau à 55 °C renforce encore ce gain.
Pourquoi les économies ont fondu depuis 1976
Le dispositif n’a pas toujours été aussi peu utile. Instauré en 1976, à la suite du choc pétrolier, il devait faire coïncider les heures d’activité avec la lumière du jour, à une époque où l’éclairage pesait lourd dans la consommation des ménages. Les économies ont été réelles, puis elles se sont réduites au fil des années.
L’Agence de la transition écologique (ADEME) suit la trajectoire de ces gains, et le tableau ci-dessous en résume les grandes étapes.
| Période | Économies d’électricité |
|---|---|
| 1996 | environ 1 200 GWh par an |
| 2009 | 440 GWh, soit l’éclairage de 800 000 foyers |
| Aujourd’hui | moins de 0,1 % de la consommation nationale |
La raison tient surtout à la technologie. Une ampoule LED consomme environ dix fois moins qu’une ampoule à incandescence pour produire la même lumière. Décaler d’une heure l’allumage d’un parc devenu dix fois plus sobre ne produit donc plus grand-chose, et la baisse se poursuivra à mesure que les derniers halogènes disparaissent.
L’Europe n’a toujours pas tranché
Le sujet est sur la table depuis plusieurs années sans issue. En 2018, la Commission européenne lance une consultation publique qui reçoit 6 millions de réponses, un record, dont une large majorité se prononce pour la suppression des changements saisonniers. En mars 2019, le Parlement européen vote le texte à une large majorité, avec une application prévue en 2021. Le dossier se bloque ensuite au Conseil de l’Union européenne, en décembre 2019, faute d’accord sur l’heure à conserver.
Le choix reste délicat : garder l’heure d’été toute l’année ferait se lever le soleil très tard en hiver dans l’ouest du continent, tandis que l’heure d’hiver permanente ferait lever le jour à 4 heures du matin en été. Récemment, les ministres ont réclamé une étude d’impact détaillée, que la Commission doit publier prochainement. En attendant, le 25 octobre 2026 s’appliquera comme les autres années, avec son petit supplément de soirée et sa facture alourdie de quelques centimes.
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