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Quand la pension s’arrête sans prévenir
Imaginez : vous vivez à Lisbonne, à Barcelone ou à Berlin, et un matin, votre retraite française ne figure plus sur votre relevé bancaire. Pas de panne technique, pas d’erreur de virement. Juste un formulaire que vous n’avez pas renvoyé à temps.
Ce scénario concerne des centaines de milliers de retraités chaque année. Plus d’un million de pensions françaises sont versées à des bénéficiaires vivant hors de France, et les caisses ont renforcé leurs contrôles. Le document au cœur de cette procédure ? Le certificat de vie, aussi appelé certificat d’existence.
À qui s’adresse vraiment ce contrôle ?
Le certificat d’existence est exigé de tout retraité percevant au moins une pension d’un régime français et résidant hors du territoire métropolitain. Cela inclut les expatriés dans le monde entier, mais aussi les résidents de Nouvelle-Calédonie et de Wallis-et-Futuna. La nationalité n’entre pas en compte : Français ou étranger, si vous touchez une retraite française depuis l’étranger, vous êtes concerné.
Ce dispositif s’appuie sur les articles L161-24 et suivants du Code de la sécurité sociale. Il couvre les retraites de base, agricoles, certains régimes spéciaux ainsi que les complémentaires comme l’Agirc-Arrco. Bonne nouvelle : un seul certificat suffit pour l’ensemble de vos caisses.
Dans certains pays — Luxembourg, Allemagne, Suisse, Belgique, Espagne, Portugal, Danemark, Pays-Bas — des échanges automatiques d’état civil peuvent dispenser d’un envoi annuel pour certains régimes. Une caisse peut toutefois réclamer un contrôle ponctuel, même dans ces pays.
Le calendrier à ne surtout pas rater
Les caisses peuvent demander une preuve d’existence une fois par an. L’Agirc-Arrco envoie sa demande environ trois mois avant l’expiration du certificat précédent. Pour le régime général, une notification par mail ou courrier vous invite à récupérer le formulaire dans votre espace Info Retraite, rubrique Mes paiements retraite / Ma retraite à l’étranger.
Une fois cette notification reçue, le compte à rebours commence. Le portail Service Public indique un délai d’un mois pour renvoyer le document. L’Assurance retraite, elle, accorde deux mois via son service dédié. Dans tous les cas, la date limite figurant sur votre courrier ou votre mail fait référence.
Pour vous repérer, voici un exemple concret :
- 15 mars : réception de la demande par mail ou courrier
- 15 avril au 15 mai : date limite de renvoi selon la caisse
- Au-delà : risque de suspension du versement de la pension
Trois façons de transmettre votre certificat
La méthode la plus rapide repose sur la reconnaissance biométrique. Vous recevez un QR code, téléchargez l’application sécurisée Mon certificat de vie sur votre smartphone, photographiez votre pièce d’identité et suivez les étapes de reconnaissance faciale. Une fois la démarche lancée, vous avez quatre jours pour la finaliser. Le certificat est ensuite transmis automatiquement à toutes vos caisses.
Si vous préférez éviter la biométrie, téléchargez le formulaire depuis votre espace Info Retraite, faites-le compléter et tamponner par l’autorité locale compétente, puis renvoyez-le en ligne après l’avoir scanné ou photographié.
Sans accès à Internet, la caisse vous adresse le document par courrier. Une fois rempli, renvoyez-le au Centre de traitement Retraite à l’étranger, CS 13 999 Esvres, 37321 Tours Cedex 9, France.
Ce qui change à partir de 2028
À compter du 1er janvier 2028, la reconnaissance biométrique deviendra la méthode de référence pour prouver son existence auprès des caisses françaises. Le certificat de vie consulaire restera disponible, mais uniquement pour les retraités dans l’impossibilité d’utiliser le dispositif numérique.
En cas de retard ou de suspension, les droits acquis ne sont pas perdus. Dès que le certificat est reçu et validé par la caisse, les versements reprennent et les mensualités manquantes sont rattrapées. Mieux vaut néanmoins ne pas en arriver là.
