Couple debout devant maison, documents pret immobilier sur table
Divorce : qui garde la maison quand un seul a payé le crédit immobilier ?
10 août 2026
Femme assise tenant des documents administratifs sur ses genoux
Mères de famille : ces nouvelles mesures bientôt en vigueur vont booster votre retraite
10 août 2026
Published 10 août 2026

Concubinage : pourquoi votre compagnon n’héritera de rien si vous ne faites rien

Vous vivez en couple depuis dix, vingt ans peut-être. Vous partagez tout : le logement, les factures, parfois des enfants. Et pourtant, aux yeux de la […]

Notez ceci post

Vous vivez en couple depuis dix, vingt ans peut-être. Vous partagez tout : le logement, les factures, parfois des enfants. Et pourtant, aux yeux de la loi, votre compagnon n’existe pas. En cas de décès, il ne touchera pas un centime de votre patrimoine, sauf si vous avez anticipé les choses. C’est brutal, mais c’est la réalité du droit français.

Le concubin survivant n’est pas un héritier légal. Ce statut n’existe simplement pas dans le code civil pour les couples en union libre. Sans testament, sans assurance-vie, sans PACS, votre partenaire peut se retrouver à devoir quitter le logement qu’il occupait depuis des années, sans aucun droit sur la succession.

Pourquoi le concubin n’hérite de rien : le cadre légal du concubinage en France

Le code civil définit précisément qui hérite en l’absence de testament : les enfants, les parents, les frères et sœurs, parfois des cousins éloignés. Le concubin, lui, n’apparaît nulle part dans cette liste. L’union libre n’a jamais été conçue par le législateur comme créant des droits successoraux entre partenaires.

Concrètement, si vous décédez sans avoir rien organisé, votre compagnon ne recevra rien de votre succession, même si vous possédez un appartement acheté ensemble, même si vous avez vécu vingt ans sous le même toit. Ce sont vos enfants, vos parents ou vos frères et sœurs qui recevront votre patrimoine. Le concubin survivant devra parfois négocier avec ces héritiers pour rester dans le logement, sans aucune garantie légale.

Quelle différence avec le PACS et le mariage en matière de succession ?

Le mariage confère automatiquement des droits de succession au conjoint survivant, quelle que soit la durée de l’union. Le PACS change aussi la donne fiscalement, mais pas successoralement : le partenaire pacsé n’est pas héritier légal non plus, sauf s’il figure dans un testament. La différence majeure entre PACS et concubinage se joue donc sur le terrain fiscal, pas sur celui de l’héritage automatique.

StatutHéritier légalFiscalité sans testament
MariageOuiExonération totale
PACSNonExonération totale si testament rédigé
ConcubinageNonTaux de 60 % sur ce qui est légué

Cette comparaison montre bien que le concubinage cumule les deux inconvénients : ni protection automatique, ni avantage fiscal en cas d’oubli. C’est cette double absence qui rend l’anticipation indispensable.

Fiscalité : 60 % de droits de succession entre concubins

Documents testamentaires et pièces monétaires symbolisant impôts élevés

Même quand un testament ou une donation est rédigé en faveur du concubin, la fiscalité reste redoutable. Les droits de succession entre concubins s’élèvent à un taux de 60 %, appliqué dès le premier euro transmis. L’abattement fiscal accordé est quasi symbolique : seulement 1 594 euros, contre 100 000 euros entre parent et enfant.

Prenons un exemple simple. Un couple en concubinage possède un appartement de 300 000 euros en indivision. Si l’un des deux décède et lègue sa part par testament, le survivant doit régler environ 178 000 euros de droits sur les 300 000 euros hérités. Sans anticipation, cette charge peut obliger à vendre le bien pour payer l’administration fiscale.

Les 5 solutions concrètes pour protéger votre compagnon

Plusieurs outils juridiques permettent d’organiser une véritable protection du partenaire en union libre. Chacun a ses avantages et ses limites, et la combinaison de plusieurs d’entre eux reste souvent la meilleure stratégie.

L’assurance-vie : la solution la plus efficace

L’assurance-vie reste l’outil le plus puissant pour transmettre un capital à son concubin. Grâce à la clause bénéficiaire, vous désignez librement votre partenaire, hors succession classique. Les sommes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire, avec une exonération fiscale quasi totale dans cette limite.

Le testament : léguer dans la limite de la quotité disponible

Le testament olographe, rédigé de la main du testateur, daté et signé, permet de léguer une partie de votre patrimoine à votre concubin. Attention toutefois à la réserve héréditaire : si vous avez des enfants, vous ne pouvez léguer librement que la quotité disponible, une fraction de votre patrimoine variable selon leur nombre. Un passage chez le notaire reste conseillé pour sécuriser la rédaction et éviter toute contestation ultérieure.

Le PACS : exonération fiscale sans héritage automatique

Se pacser change radicalement la fiscalité applicable, sans pour autant créer un droit d’héritier légal. Combiné à un testament, le PACS offre une exonération fiscale totale sur les biens légués, contrairement au concubinage. C’est souvent la solution la plus simple pour un couple qui ne souhaite pas se marier mais veut sécuriser son partenaire.

La donation et la tontine (clause d’accroissement)

La donation entre vifs permet de transmettre un bien de son vivant, avec une fiscalité qui reste toutefois lourde entre concubins. La tontine, aussi appelée clause d’accroissement, est une clause insérée lors de l’achat d’un bien immobilier : au décès de l’un, l’autre devient automatiquement pleinement propriétaire, sans passer par la succession. Cette clause mérite d’être étudiée avec un professionnel avant tout achat commun.

L’erreur à ne pas commettre avec l’assurance-vie
Oublier de mettre à jour la clause bénéficiaire après une séparation ou un nouveau concubinage. Beaucoup de contrats désignent encore un ex-partenaire, faute de révision régulière.

Le logement : une situation fragile en concubinage

Le logement reste souvent le point le plus douloureux en cas de décès. Quand le bien est détenu en indivision, les héritiers légaux du défunt deviennent copropriétaires aux côtés du concubin survivant, avec le risque qu’ils exigent la vente du bien. Sans clause de tontine ni testament prévoyant un droit d’usage, le partenaire peut se retrouver contraint de quitter son domicile.

La situation n’est pas plus rassurante côté locatif. Si le bail en commun mentionne les deux noms, le survivant peut rester locataire sans difficulté. Mais si le bail n’est signé que par le défunt, le concubin doit justifier d’une vie commune d’au moins un an pour bénéficier d’un transfert automatique du bail, ce qui demande souvent des preuves administratives à réunir dans l’urgence.

Les erreurs fréquentes à éviter pour sécuriser votre partenaire

Documents legaux et testament sur bureau avec stylo noir

La première erreur consiste à croire que la durée de la vie commune suffit à créer des droits. Vingt ans de concubinage ne remplacent jamais un testament ou une clause bénéficiaire correctement rédigée. La seconde erreur est de négliger la quotité disponible quand des enfants existent : léguer davantage que ce que la loi autorise expose le testament à une contestation en justice.

Beaucoup de couples attendent aussi trop longtemps pour agir, pensant qu’ils ont le temps. Un rendez-vous chez le notaire, la mise à jour d’un contrat d’assurance-vie ou la rédaction d’un testament olographe prennent en réalité peu de temps face à l’enjeu. Anticiper le décès d’un partenaire n’est jamais un sujet agréable, mais c’est la seule façon d’éviter que l’héritage ne devienne un fardeau fiscal et administratif pour la personne que vous voulez protéger.

Ludovic