Un proche vient de décéder et la maison, elle, continue de coûter de l’argent. Factures d’eau, taxe foncière, crédit immobilier : rien ne s’arrête du jour au lendemain, alors que les comptes du défunt peuvent être gelés. Voici les 6 dépenses qui persistent malgré le décès, et qui doit les prendre en charge quand le compte du défunt est bloqué en attendant le règlement de la succession.
Concrètement, les six postes qui continuent de tomber, comme d’autres dépenses qui peuvent surprendre la famille après un décès, sont les factures courantes (eau, électricité, gaz), la taxe foncière et les impôts locaux, les charges de copropriété, le crédit immobilier avec son assurance emprunteur, l’assurance habitation, et enfin les frais de gestion du bien pendant la période d’indivision. Chacun de ces postes a ses propres règles de répartition entre héritiers.
Les factures courantes qui continuent après le décès
Eau, électricité, gaz : ces abonnements ne s’arrêtent pas au moment du décès. Le contrat reste actif tant qu’aucun héritier ne le résilie ou ne fait changer le titulaire. Les fournisseurs continuent d’émettre des factures au nom du défunt, ce qui peut surprendre une famille déjà accaparée par les démarches administratives.
Dans les faits, il faut prévenir chaque fournisseur du décès dès que possible et demander soit la résiliation, soit le transfert du contrat, car savoir qui doit réellement payer les dernières factures après un décès n’est pas toujours évident pour les héritiers. Ces factures courantes font partie des dépenses immédiates que la famille doit anticiper, souvent avant même que la succession ne soit ouverte chez le notaire.
Taxe foncière et impôts locaux : qui est redevable ?
La taxe foncière reste due pour l’année entière, même si le décès survient en cours d’année. L’administration fiscale considère que l’impôt est dû par celui qui possède le bien au 1er janvier, ce qui, après un décès, retombe sur les héritiers qui recueillent le bien immobilier dans la succession.
Concrètement, si le décès a lieu en juin, l’avis de taxe foncière arrivera plus tard dans l’année au nom du défunt ou de la succession, et ce sont les héritiers, ou l’indivision qu’ils forment, qui devront la régler. Ce point surprend souvent les familles qui pensent, à tort, que le décès efface automatiquement cette charge.
Charges de copropriété et frais d’entretien du bien

Quand la maison fait partie d’une copropriété, les charges continuent d’être appelées trimestriellement : entretien des parties communes, ascenseur, chauffage collectif, provisions pour travaux. Le syndic ne suspend rien tant qu’il n’a pas été informé et que la succession n’a pas désigné un interlocuteur.
Même pour une maison individuelle, des frais d’entretien subsistent : chauffage minimal pour éviter le gel des canalisations, jardinage, gardiennage éventuel si le bien reste vide. Ces dépenses d’entretien s’ajoutent aux charges de copropriété classiques et pèsent sur le patrimoine transmis, en particulier lorsque le bien reste inoccupé plusieurs mois durant le règlement de la succession.
Crédit immobilier et assurance emprunteur
Si le défunt avait encore un crédit immobilier en cours, les échéances ne s’arrêtent pas au décès. Le prêt continue de courir jusqu’à ce que l’assurance emprunteur intervienne, ce qui prend souvent plusieurs semaines, voire plusieurs mois selon la complexité du dossier.
L’assurance emprunteur souscrite lors de la signature du prêt couvre en principe le décès et solde tout ou partie du capital restant dû. Mais la banque continue d’exiger le paiement des mensualités tant que l’assureur n’a pas validé sa prise en charge, et c’est aux héritiers d’avancer ces sommes ou de négocier un délai avec l’établissement prêteur.
Assurance habitation : une obligation qui persiste
L’assurance habitation ne disparaît pas avec le décès de l’assuré. Le contrat se poursuit automatiquement au bénéfice des héritiers ou de la succession, et les primes continuent d’être prélevées, sauf résiliation explicite auprès de l’assureur.
Maintenir cette couverture n’est pas un détail : une maison vide, sans assurance, expose les héritiers à des risques financiers importants en cas de dégât des eaux, d’incendie ou de cambriolage. Beaucoup de familles ignorent qu’elles doivent officiellement notifier l’assureur du décès pour ajuster le contrat, faute de quoi les garanties peuvent devenir inadaptées à la nouvelle situation du logement.
Ce que dit la loi sur les comptes bloqués
Dès la déclaration du décès à la banque, les comptes bancaires du défunt sont bloqués. Seules certaines dépenses urgentes (frais funéraires, factures en cours) peuvent être débloquées, sur présentation de justificatifs, avant même l’ouverture officielle de la succession.
Qui finance ces dépenses en attendant la succession ?

C’est souvent la question la plus concrète que se posent les héritiers : avec des comptes bancaires bloqués, comment payer l’eau, l’électricité ou la taxe foncière dans les semaines qui suivent le décès ? Dans la pratique, ce sont les héritiers eux-mêmes qui avancent ces dépenses immédiates, sur leurs propres fonds, en attendant que le notaire débloque les comptes ou que la succession soit réglée.
Le notaire joue ici un rôle central : il centralise les démarches, vérifie l’indivision entre les héritiers et prépare la répartition des frais selon les parts de chacun dans la succession. Les sommes avancées par un héritier peuvent généralement être remboursées lors du partage final, à condition d’être justifiées par des factures ou des relevés bancaires.
Tant que le bien immobilier reste en indivision, chaque héritier est théoriquement redevable des charges au prorata de sa part dans la succession. Cette règle de répartition des frais évite qu’un seul héritier supporte l’intégralité des coûts, mais elle suppose une bonne coordination entre les cohéritiers, surtout quand le règlement de la succession s’étale sur plusieurs mois.
Anticiper plutôt que subir
La meilleure parade reste l’anticipation : prévenir rapidement les organismes (fournisseurs d’énergie, syndic, banque, assureur) permet d’éviter les mauvaises surprises et les factures qui s’accumulent sans réaction. Prendre contact avec un notaire dès les premières semaines aide aussi à clarifier qui doit payer quoi, et évite les tensions entre héritiers sur des sommes parfois modestes mais récurrentes.
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