Donner 100 000 € à vos enfants coûte 18 200 € aujourd’hui, 6 000 € en 2027 : attendre ou pas ? La question se pose depuis que le gouvernement prépare des mesures fiscales pour le budget 2027 destinées à encourager les transmissions plus tôt. Si vous avez déjà utilisé vos abattements, la différence peut dépasser 12 000 €. Mais cette économie n’existe pour l’instant que sur le papier, puisque les mesures ne sont pas encore votées.
Donner 100 000 € aujourd’hui : combien de droits, et pourquoi
Chaque parent peut transmettre jusqu’à 100 000 € à chacun de ses enfants sans payer de droits de donation, et les changements 2026 des abattements de donation précisent ce qui a évolué pour les familles. Cet abattement se renouvelle tous les 15 ans, et deux parents peuvent donc transmettre ensemble 200 000 € à un même enfant, à condition que leurs abattements soient entièrement disponibles.
Le problème commence quand l’abattement est épuisé. La part taxable de la donation est alors soumise au barème en ligne directe, progressif, qui part de 5 % et atteint 45 % pour les montants les plus élevés. La tranche comprise entre 15 932 € et 552 324 € est imposée à 20 %. Sur 100 000 € entièrement taxables, les premiers euros pèsent peu, mais les 84 068 € situés au-delà de 15 932 € sont taxés à 20 %, ce qui donne environ 16 800 € de droits. Ajoutez la partie basse du barème et vous arrivez à un total proche de 18 200 €.
En face, le taux de 6 % envisagé pour 2027 appliqué à la même somme donnerait 6 000 €. L’écart est donc d’environ 12 200 € sur une seule donation de 100 000 €.
| Scénario | Droits sur 100 000 € taxables | Statut |
|---|---|---|
| Barème en ligne directe actuel | environ 18 200 € | En vigueur aujourd’hui |
| Taux temporaire de 6 % | 6 000 € | Proposition, non votée |
Ce que le budget 2027 prévoit (et ce qu’il ne garantit pas encore)
Le projet présenté par le gouvernement, baptisé « Transmissions 2027 », contient deux mesures principales. La première concerne le don familial de sommes d’argent, aujourd’hui plafonné à 31 865 €, qui passerait à 50 000 € : pensez aussi au piège de date des dons d’argent à éviter. Cela représente 18 135 € d’exonération supplémentaire par donateur et par bénéficiaire, et cette hausse pourrait profiter à une personne ayant déjà utilisé son plafond actuel.
La seconde mesure est la création temporaire d’un taux de 6 % sur la fraction taxable de certaines donations en pleine propriété, dans la limite de 100 000 € par donateur et par bénéficiaire majeur. Les oncles, tantes, neveux et nièces pourraient également en bénéficier selon les pistes évoquées.
Il faut cependant garder la bonne mesure : à la mi-septembre 2026, ces dispositions ne sont que des propositions inscrites au projet de loi de finances pour 2027. Elles peuvent être modifiées, amendées ou retirées pendant le débat parlementaire.
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Quand attendre 2027 peut coûter plus cher
Attendre n’est pas forcément la bonne option pour tout le monde. L’avantage fiscal qui permet de transmettre jusqu’à 100 000 € par donateur pour financer certains projets immobiliers prend fin, dans les textes actuels, le 31 décembre 2026. Une famille qui prépare l’achat d’un logement pour un enfant a donc tout intérêt à regarder ce calendrier avant de décider.
La règle des 15 ans joue aussi un rôle important. Si vous utilisez votre abattement de 100 000 € en 2026, il ne sera de nouveau disponible qu’après 15 ans. Dans ce cas, une donation supplémentaire en 2027 serait taxée selon le barème normal, ou au taux de 6 % si la mesure est adoptée et si elle s’applique à votre situation. Le calcul change donc selon ce que vous avez déjà transmis.
Le dernier piège tient à la façon de présenter la réforme. Beaucoup de familles la considèrent déjà comme acquise et repoussent une donation sans filet de sécurité. Or si le texte est modifié, le report peut se révéler coûteux, surtout si l’échéance du 31 décembre 2026 est dépassée entre-temps. Les points suivants méritent une vérification avant de temporiser :
- la date limite du 31 décembre 2026 pour l’avantage immobilier ;
- le nombre d’abattements déjà utilisés sur les 15 dernières années ;
- l’âge du donateur, le don familial de sommes d’argent étant réservé aux donateurs de moins de 80 ans ;
- le fait que le taux de 6 % n’est pas encore voté.
Donation 2026 ou 2027 : comment trancher selon sa situation
Si vos abattements sont encore disponibles et que le montant reste dans les limites, donner en 2026 ne vous coûte presque rien en droits. Dans ce cas, attendre une mesure non votée n’apporte pas de gain certain, et vous risquez seulement de perdre du temps.
Si en revanche vous avez déjà consommé votre abattement, la question devient réelle. Donner en 2027 pourrait réduire fortement la facture, à condition que le taux de 6 % soit adopté dans les termes annoncés. Il faut alors accepter le risque qu’il ne le soit pas, ou qu’il soit modifié, et comparer ce risque au coût certain d’une donation immédiate.
Pour un projet immobilier, l’échéance de fin 2026 peut à elle seule trancher. Enfin, les notaires plaident pour une réforme plus large de la fiscalité des donations, ce qui montre que le sujet reste ouvert. Un rendez-vous avec un notaire permet de confronter ces scénarios à votre patrimoine réel, avant toute décision.
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