Au 1er janvier 2026, le Smic brut horaire passe à 12,02 euros après une hausse de 1,2 %. Selon la Dares, 2,1 millions de bénéficiaires de cette revalorisation travaillent dans le secteur privé non agricole, soit 11,8 % des salariés. Dans la restauration rapide, la proportion grimpe nettement, jusqu’à 62,3 %. Ce chiffre ne désigne pas pour autant tous ceux qui touchent exactement le salaire minimum, et c’est là que la nuance compte.
2,1 millions de salariés concernés par la hausse du Smic en 2026
Compter les personnes payées au Smic serait plus simple en apparence, mais l’exercice est impossible à mener directement. Pour connaître ce nombre, il faudrait disposer de données détaillant chaque composante de la rémunération, afin d’isoler la part qui entre réellement dans l’assiette du Smic. Aucune source statistique ne permet de l’évaluer avec précision, c’est pourquoi l’étude compte les bénéficiaires de la revalorisation.
La proportion de ces bénéficiaires recule légèrement par rapport à la revalorisation précédente, intervenue au 1er novembre 2024. À cette date, ils représentaient 12,4 % des salariés, contre 11,8 % aujourd’hui. La baisse reste modeste, mais elle indique que le salaire minimum touche un peu moins de monde qu’avant.
Directement concerné : entre 11,88 € et 12,02 €
Un salarié est considéré comme directement concerné lorsque, au 31 décembre 2025, la partie de sa rémunération correspondant à l’assiette du Smic se situe entre 11,88 euros et 12,02 euros brut de l’heure. Ce seuil explique pourquoi quelqu’un qui gagne un peu plus que le Smic peut malgré tout figurer parmi les bénéficiaires.
Restauration rapide : plus de six salariés sur dix concernés
Le secteur où la revalorisation touche le plus de monde est la restauration rapide, avec 62,3 % des salariés couverts par sa convention collective concernés. Plus de la moitié des salariés des services à la personne (entreprises) sont aussi touchés, à hauteur de 53,8 %. Ces deux branches emploient une main-d’œuvre souvent rémunérée à des niveaux proches du minimum, ce qui explique leur forte exposition.
Au niveau des regroupements plus larges, le commerce principalement alimentaire arrive en tête avec 31,7 % de bénéficiaires. Ce chiffre paraît plus modeste, mais il regroupe des métiers très différents, et c’est précisément ce qui le rend moins parlant que le détail par convention collective.
Temps partiel, petites entreprises, femmes : les profils les plus exposés
Le temps de travail joue fortement. Parmi les salariés à temps partiel, 25,6 % ont bénéficié de la dernière revalorisation, contre 8,8 % des salariés à temps complet. Les femmes sont également surreprésentées, puisqu’elles constituent près de 60 % des bénéficiaires de la hausse.
La taille de l’entreprise pèse aussi dans la balance. Dans les très petites entreprises de 1 à 9 salariés, 21,9 % des salariés ont été concernés, contre 9,5 % dans les autres structures. La tendance suit une courbe régulière : la part passe de 25,4 % dans les entreprises d’un seul salarié à 6,6 % dans celles de 500 salariés ou plus.
Les branches épargnées et les cas particuliers
À l’autre bout du classement, moins de 5 % des salariés bénéficient de la revalorisation dans dix regroupements de branches. On y trouve notamment la banque, les établissements financiers et les assurances, la métallurgie et la sidérurgie, les professions juridiques et comptables, le verre et les matériaux de construction, ou encore la chimie et la pharmacie. Dans la finance, cette faiblesse s’explique par la forte présence de cadres et de professions intermédiaires, qui atteignent 76,9 % des effectifs et sont peu concernés par le Smic.
| Branche ou regroupement | Part de bénéficiaires |
|---|---|
| Restauration rapide | 62,3 % |
| Services à la personne (entreprises) | 53,8 % |
| Commerce principalement alimentaire | 31,7 % |
| Banques, assurances, métallurgie, chimie et dix regroupements similaires | Moins de 5 % |
Il existe un autre cas particulier. Certains salariés gagnent moins que le minimum légal, parce que leur entreprise applique une convention de branche non conforme au Smic. Cette situation reste rare, mais elle recule : la part de salariés concernés tombe à 2,5 % la veille du 1er janvier 2026, contre 2,8 % au 31 octobre 2024.
Pour un salarié, le bon réflexe consiste à vérifier que son bulletin de paie correspond bien au minimum applicable à son poste et à sa durée de travail, puis à se renseigner sur la prime d’activité oubliée par des salariés si ses revenus restent modestes. Pour un employeur dans la restauration rapide ou les services, la revalorisation touche la majorité des effectifs, ce qui rend la question des grilles salariales et de la convention collective particulièrement sensible.
A lire aussi
Arrêt maladie long : depuis le 15 octobre, vos indemnités peuvent s’arrêter après un an au lieu de trois
Sans diplôme et 2 200 € net dès le premier mois : les métiers que les cadres regardent avec envie
Enfants ou pas, votre employeur peut refuser vos congés de Noël
À 97 ans, Hugues Aufray refuse la retraite malgré les rumeurs
Pourquoi les pères peuvent aussi réclamer des trimestres pour leurs enfants, et comment faire
Comment devenir coach sportif et exercer ce métier


