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18 septembre 2026
Published 18 septembre 2026

Pouvoir d’achat : 7 Français sur 10 anticipent une dégradation de leur situation

Sept sur dix. C’est la proportion de Français qui pensent que leur pouvoir d’achat va encore se détériorer dans les mois qui viennent. Un chiffre qui […]

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Sept sur dix. C’est la proportion de Français qui pensent que leur pouvoir d’achat va encore se détériorer dans les mois qui viennent. Un chiffre qui claque, tiré d’un baromètre récent, et qui traduit une inquiétude devenue quasi générale dans les foyers français, alors que se profilent déjà les changements liés à l’inflation 2026 sur retraites, impôts et Smic.

Ce sentiment ne sort pas de nulle part. Entre les prix à la pompe qui repartent à la hausse, une inflation qui ne desserre pas totalement son étreinte et des factures d’énergie toujours lourdes, les raisons de s’inquiéter ne manquent pas, d’autant que l’Insee vient d’abaisser sa prévision de croissance pour 2026. Le pouvoir d’achat redevient la préoccupation numéro un, devant même des sujets comme la santé ou le logement dans beaucoup d’enquêtes récentes.

7 Français sur 10 s’attendent à une dégradation de leur pouvoir d’achat

Le résultat est net : 70 % des personnes interrogées dans ce baromètre anticipent une baisse de leur niveau de vie dans les prochains mois. Ce n’est pas une simple impression passagère, c’est une anticipation ancrée, partagée par des profils très différents, des jeunes actifs aux retraités, des familles nombreuses aux célibataires.

Cette anticipation négative touche toutes les catégories sociales, même si elle frappe plus durement les foyers modestes et les classes moyennes inférieures, déjà fragilisés par plusieurs années de hausse des prix. Le sentiment de précarité s’installe durablement, y compris chez des ménages qui ne se considéraient pas comme vulnérables il y a encore deux ou trois ans.

Le chiffre qui résume l’ambiance

70 % des Français interrogés dans ce baromètre s’attendent à voir leur situation financière se dégrader, contre un peu plus de 60 % lors des vagues d’enquêtes précédentes. La tendance s’aggrave, elle ne se stabilise pas.

Carburants et inflation : les principaux responsables de l’inquiétude

Deux facteurs reviennent systématiquement dans les réponses des sondés. D’abord, le prix à la pompe, qui reste un marqueur très visible du budget des ménages. Chaque hausse du litre d’essence ou de diesel se ressent immédiatement, surtout pour ceux qui n’ont pas d’alternative aux trajets en voiture pour aller travailler.

Ensuite, l’inflation générale, qui continue de grignoter le pouvoir d’achat même quand elle ralentit sur le papier. Les prix de l’alimentation et de l’énergie ont augmenté plus vite que les salaires pendant plusieurs années, et cet écart ne se comble pas du jour au lendemain, ce qui rejoint les craintes exprimées par Christine Lagarde sur une inflation forte et prolongée. Les Français ont intégré cette réalité : même si les courbes officielles montrent un léger apaisement, le ressenti dans les portefeuilles reste douloureux.

Des arbitrages budgétaires généralisés dans tous les foyers

Famille examinant factures et reductions budgetaires ensemble

Face à cette inquiétude, les Français ne restent pas passifs. Ils ajustent leur consommation, réorganisent leurs priorités et acceptent des privations qu’ils n’auraient pas envisagées quelques années plus tôt. Ces ajustements budgétaires touchent aussi bien les dépenses du quotidien que les projets à plus long terme.

Réduction des dépenses alimentaires et énergétiques

Le poste alimentaire est souvent le premier ajusté. Beaucoup de foyers réduisent la quantité de viande achetée, privilégient les marques de distributeur ou espacent leurs courses pour limiter les achats impulsifs. Sur l’énergie, les gestes se multiplient : baisser le chauffage d’un ou deux degrés, limiter l’usage du sèche-linge, surveiller de plus près les factures d’électricité et de gaz.

Ces renoncements, mis bout à bout, représentent des économies réelles mais aussi une charge mentale supplémentaire. Calculer, comparer, renoncer : ces gestes deviennent une routine pour une large part des ménages, y compris ceux qui disposaient auparavant d’une marge de manœuvre confortable.

Renoncements sur les vacances et les loisirs

Les loisirs et les vacances sont également touchés. Une partie des sondés déclare avoir raccourci ses vacances, opté pour des destinations moins onéreuses ou tout simplement renoncé à partir. Les sorties culturelles, les abonnements de loisirs ou les activités extrascolaires des enfants sont aussi passés au crible, avec des choix parfois douloureux pour les familles.

Les promotions, dernier rempart face à la baisse du pouvoir d’achat

Dans ce contexte, les promotions et les bonnes affaires deviennent un réflexe presque systématique. Les Français traquent les réductions, comparent les prix d’un magasin à l’autre et attendent les périodes de soldes ou de ventes flash pour effectuer certains achats. Cette chasse aux promotions n’est plus un comportement marginal, elle structure une partie du budget des ménages.

Les enseignes l’ont bien compris et multiplient les offres ciblées, les programmes de fidélité et les cartes de réduction, conscientes que ce comportement d’achat est désormais durable. Pour beaucoup de foyers, ne plus profiter d’une promotion sur un produit courant revient presque à faire une dépense superflue.

Ce baromètre confirme une tendance de fond : le pouvoir d’achat redevient une préoccupation centrale, avec une anticipation de dégradation qui pousse les ménages à repenser en profondeur leurs habitudes de consommation. Entre arbitrages contraints et stratégies pour limiter la casse, les Français apprennent à composer avec une inflation persistante, sans certitude sur une amélioration rapide de leur situation.

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