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Published 9 octobre 2026

Assurance-vie après 70 ans : quelles règles fiscales pour vos bénéficiaires ?

Vous avez souscrit une assurance-vie après 70 ans, ou vous venez d’en hériter, et une question revient souvent : combien vos proches toucheront-ils réellement au décès […]

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Vous avez souscrit une assurance-vie après 70 ans, ou vous venez d’en hériter, et une question revient souvent : combien vos proches toucheront-ils réellement au décès ? La réponse dépend d’une date, celle à laquelle chaque versement a été effectué. Les primes versées avant 70 ans et celles versées après ne suivent pas les mêmes règles, et c’est cette distinction qui détermine l’impôt de vos bénéficiaires.

En résumé, les primes versées après 70 ans bénéficient d’un abattement de 30 500 euros tous bénéficiaires confondus, et le surplus est soumis aux droits de succession selon le lien de parenté. Les primes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire, et seule la fraction au-delà est taxée. Le détail de ces mécanismes mérite toutefois d’être précisé.

Décès après 70 ans : la règle fiscale de base

Au décès du souscripteur, le capital de l’assurance-vie n’entre pas dans la succession au sens strict. Il est transmis directement aux bénéficiaires désignés dans la clause bénéficiaire, ce qui permet d’éviter les délais et les frais d’un règlement successoral classique. L’assureur verse les sommes, mais l’impôt, lui, se calcule à partir de la date des versements.

Le fisc distingue donc deux pots. Le premier regroupe les primes payées avant le 70e anniversaire du souscripteur, le second celles payées après. Les produits générés par ces sommes ne sont pas imposés à l’impôt sur le revenu au décès, mais les prélèvements sociaux peuvent s’appliquer selon l’ancienneté du contrat, point à confirmer auprès de l’assureur avant tout calcul définitif.

Primes versées après 70 ans : abattement de 30 500 € puis droits de succession

Pour les primes versées après 70 ans, l’article 757 B du CGI fixe un abattement global de 30 500 euros, valable tous bénéficiaires confondus. Ce montant ne se multiplie pas avec le nombre d’héritiers : il se partage entre eux. Une fois cet abattement appliqué, la part restante est soumise aux droits de succession, calculés selon le lien qui unit chaque bénéficiaire au souscripteur.

Concrètement, si les primes après 70 ans atteignent 80 000 euros, la base imposable est de 49 500 euros. Cette somme est ensuite répartie entre les bénéficiaires et taxée au barème de chacun. Le conjoint et le partenaire pacsé sont exonérés de droits de succession, ce qui réduit fortement la facture quand le capital leur revient.

Primes versées avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire

Les primes versées avant 70 ans profitent d’un régime plus favorable. Chaque bénéficiaire peut recevoir jusqu’à 152 500 euros sans impôt, et ce plafond s’apprécie tous contrats confondus. Si le souscripteur possède plusieurs assurances-vie, les sommes versées à une même personne se cumulent pour ce calcul, ce qui oblige à vérifier l’ensemble de ses placements avant de présenter une estimation.

Au-delà de 152 500 euros par bénéficiaire, la fraction excédentaire est soumise au prélèvement de l’article 990 I du CGI, au taux de 20 % jusqu’à 700 000 euros, puis de 31,25 % au-delà. Ce prélèvement s’applique indépendamment du lien de parenté, ce qui rend ce régime particulièrement intéressant pour les contrats les plus anciens et les plus alimentés.

Taux des droits de succession selon le lien avec le souscripteur

Pour les primes après 70 ans, le taux dépend directement du lien de parenté. Les barèmes ci-dessous sont ceux applicables aux successions en vigueur à la rédaction de cet article, et ils doivent être vérifiés avant toute décision patrimoniale.

Bénéficiaire Régime des droits de succession
Conjoint ou partenaire pacsé Exonération totale
Enfants Barème progressif de 5 % à 45 %
Frères et sœurs 35 % puis 45 %
Neveux et nièces 55 %
Tiers sans lien de parenté 60 %

Le partenaire pacsé est traité comme le conjoint, ce qui rend le pacs particulièrement utile pour protéger un compagnon de vie. À l’inverse, un ami désigné sans lien de parenté supporte le taux le plus élevé, d’où l’intérêt de mesurer les conséquences d’une désignation avant de la rédiger.

Exemple chiffré et clause bénéficiaire : anticiper la transmission

Prenons un souscripteur ayant versé 200 000 euros, dont 120 000 euros avant 70 ans et 80 000 euros après. Il désigne ses deux enfants à parts égales. Pour les primes avant 70 ans, chaque enfant reçoit 60 000 euros, soit moins que le plafond de 152 500 euros : aucun impôt n’est dû sur cette part. Pour les primes après 70 ans, la base est de 49 500 euros après l’abattement de 30 500 euros, soit environ 24 750 euros par enfant. Au barème en ligne directe, cela représente une taxe de l’ordre de 3 150 euros par enfant, montant indicatif à confirmer avec l’assureur.

Le piège de la clause mal rédigée

Une clause qui désigne « mes enfants » sans précision peut compliquer le partage, surtout en cas de naissance ou de décès d’un enfant. Préciser les parts et prévoir un bénéficiaire de remplacement évite bien des litiges.

La clause bénéficiaire reste l’outil le plus puissant pour organiser la transmission, et il peut être utile de comparer ce choix à une donation de son vivant ou succession. Elle peut être modifiée tant que le souscripteur est en vie, sans passer par un notaire dans la plupart des cas, et il est judicieux de la relire après chaque événement familial important. Une mise à jour régulière permet d’éviter qu’un capital ne parte vers une personne qui n’était plus visée.

Enfin, il faut rappeler que la fiscalité au rachat suit d’autres règles, centrées sur les produits et l’ancienneté du contrat. Elle ne s’applique pas au décès, mais elle concerne le souscripteur qui retire son argent de son vivant. Pour une transmission, c’est bien la fiscalité décrite ci-dessus qui compte.

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