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16 octobre 2026
Publié le 16 octobre 2026

Retraite complémentaire : +1,4 % au 1er novembre, et pourquoi 14 millions de retraités vont quand même perdre de l’argent

Les retraités du privé vont recevoir une revalorisation de 1,4 % sur leur pension complémentaire à partir du 1er novembre 2026. Sur le papier, la nouvelle […]

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Les retraités du privé vont recevoir une revalorisation de 1,4 % sur leur pension complémentaire à partir du 1er novembre 2026. Sur le papier, la nouvelle est bonne. Dans les faits, l’inflation tourne autour de 2 %, si bien que la pension perd une partie de sa valeur malgré la hausse, un effet détaillé dans notre article sur le coût d’une pension gelée.

Retraites complémentaires : +1,4 % au 1er novembre 2026 pour 14 millions de retraités

Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco a annoncé le 14 octobre une hausse de +1,4 % des pensions des retraités du secteur privé, applicable à compter du 1er novembre 2026. Environ 14 millions de personnes sont concernées par cette décision, qui touche le régime complémentaire et non la pension de base versée par l’Assurance retraite.

Ce régime ne représente qu’une partie de la retraite. Pour une carrière entièrement réalisée dans le privé, la complémentaire pèse en général entre un tiers et la moitié du total, selon le niveau de revenus. La hausse s’applique donc à une fraction des ressources, mais elle reste concrète pour ceux qui dépendent de ce montant chaque mois.

Pourquoi cette hausse est inférieure à l’inflation

Le point Agirc-Arrco sert de base au calcul des pensions. Chaque année, les représentants des salariés et des employeurs doivent s’accorder sur sa revalorisation. Cette année, l’inflation avoisine les 2 % sur l’ensemble de 2026, alors que le salaire moyen progresse de 1,9 %. Le taux retenu est donc mécaniquement en retrait par rapport au coût de la vie.

La formule de calcul intègre un « facteur de soutenabilité » de 0,40 point, ainsi qu’une marge de manœuvre de 0,4 point dans un sens ou dans l’autre. Elle impose aussi de ne pas dépasser l’évolution des salaires et de préserver l’équilibre du régime. La règle centrale est le maintien de réserves au moins égales à 6 mois de prestations jusqu’en 2037 inclus. Ces contraintes expliquent qu’une hausse proche de l’inflation soit hors de portée cette année.

Une fourchette de 1,2 % à 1,9 % et des règles budgétaires strictes

La négociation portait sur une fourchette allant de 1,2 % à 1,9 %. Le taux de 1,4 % se situe donc dans le bas de cette plage. Il faut aussi rappeler que l’an passé, faute d’accord, aucune revalorisation n’avait été appliquée, ce qui pèse sur les comptes des retraités depuis plusieurs mois.

Le coût de la mesure a été communiqué clairement : 1,4 milliard d’euros en année pleine, et 21 milliards d’euros sur quinze ans, intégralement financés par le régime. Le communiqué précise que ces paramètres ont été examinés au regard de leurs conséquences sur la trajectoire financière de l’Agirc-Arrco.

Syndicats contre patronat : le compromis du conseil d’administration

Les organisations syndicales souhaitaient un taux le plus proche possible de l’inflation, soit autour de 2 %. La CGT insistait en particulier sur un rattrapage après l’absence de revalorisation en 2025. Du côté patronal, on privilégiait la modération budgétaire et donc le bas de la fourchette. Le 1,4 % retenu reflète plutôt cette seconde position.

Fabien Guimbretière, secrétaire national de la CFDT chargé des retraites, a reconnu auprès de l’AFP : « On aurait aimé une revalorisation plus importante ». Il a justifié le choix par la recherche d’une augmentation certaine et immédiate pour les retraités. Le compromis n’a donc satisfait personne complètement, mais il a permis d’éviter un blocage.

Combien gagne un retraité et ce qu’il faut surveiller ensuite

Pour donner un ordre de grandeur, prenons une pension complémentaire de 500 euros par mois. La hausse de 1,4 % représente environ 7 euros supplémentaires. Or une inflation de 2 % fait perdre environ 10 euros de pouvoir d’achat sur ce même montant. Le gain réel est donc négatif, d’environ 3 euros par mois, ce qui illustre le sens de la critique.

Pension de 500 € : le gain réel après inflation

Hausse nominale : environ +7 €. Érosion due à une inflation de 2 % : environ -10 €. Résultat : environ -3 € de pouvoir d’achat par mois. Exemple illustratif, à adapter à votre montant réel.

Plusieurs points restent ouverts. La valeur d’achat du point n’a pas encore été fixée : elle sera déterminée dans le cadre de la négociation interprofessionnelle pour la période 2027-2030, l’accord actuel ne couvrant que 2023 à 2026. Il faudra donc attendre cette négociation pour connaître la suite des revalorisations.

Côté régime de base, une hausse théorique de 0,9 % est envisagée en janvier 2027 par l’Assurance retraite, dans l’hypothèse d’une sous-indexation prévue par le projet de budget 2027 de la Sécurité sociale. Les retraités doivent suivre ces deux calendriers en même temps, car leurs effets se cumulent sur le montant total touché chaque mois.

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