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Publié le 19 octobre 2026

Vous prêtez de l’argent à un proche ? Au-delà de 1 500 € sans écrit, vous risquez de ne pas pouvoir prouver le prêt

Vous avez prêté de l’argent à votre frère, à un cousin ou à un ami proche, sans rien signer ? C’est très courant, et tout se […]

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Vous avez prêté de l’argent à votre frère, à un cousin ou à un ami proche, sans rien signer ? C’est très courant, et tout se passe souvent bien jusqu’au jour où la somme ne revient plus. À partir de 1 500 €, la loi impose un écrit. Sans lui, vous ne pourrez pas établir facilement l’existence du prêt devant un juge.

Prêt entre proches : un écrit est-il obligatoire au-delà de 1 500 € ?

Oui. Selon l’article 1359 du Code civil, tout prêt supérieur à 1 500 € doit faire l’objet d’un écrit. Cette règle sert à protéger les deux parties et à éviter les désaccords sur le montant ou sur les modalités de remboursement. Si l’écrit manque, le juge ne peut pas se fonder sur vos seules déclarations ni sur des témoignages pour établir la somme prêtée.

Le seuil de 1 500 € concerne uniquement la preuve. Il ne dit rien de la fiscalité, qui obéit à une autre règle, et il ne dispense pas de faire un écrit en dessous. Pour un prêt de 1 200 € à un proche, rien ne vous y oblige, mais vous perdez alors la possibilité de démontrer simplement ce qui a été convenu.

Reconnaissance de dette : les mentions indispensables pour qu’elle soit valable

La reconnaissance de dette est le document par lequel l’emprunteur, appelé le débiteur, reconnaît devoir une somme à celui qui la lui a remise, appelé le créancier. Elle peut être rédigée librement par les parties, à condition de comporter quelques mentions essentielles. Sans elles, le document perd beaucoup de sa force.

  • le montant exact de la somme due, en chiffres et en lettres ;
  • les modalités de remboursement, avec les échéances et le montant de chaque versement ;
  • la signature du débiteur, précédée de la mention « bon pour reconnaissance de dette de la somme de ».

Il est aussi prudent d’indiquer la date, l’identité complète des deux parties et la date de remise des fonds. Ce dernier point compte beaucoup, car il établit la preuve de la remise de l’argent. Le modèle proposé par Service Public permet de rédiger ce document sans difficulté particulière.

En dessous de 1 500 €, pourquoi un écrit reste fortement recommandé

Même pour une somme modeste, un écrit reste la meilleure protection. Il prouve que l’argent a bien été remis, il précise qu’il s’agit d’un prêt et non d’un don, et il facilite le recouvrement si le remboursement tarde. Sans document, le prêt risque d’être perçu comme une donation déguisée, surtout si le prêteur ne réclame jamais rien par la suite (pour mieux cerner la frontière, voir le cas d’une aide familiale ou donation mensuelle).

Un simple message écrit peut déjà aider, mais un document signé reste plus solide. Il permet de fixer le montant et le calendrier dès le départ, ce qui évite la plupart des malentendus familiaux.

Deux seuils, deux rôles différents

Le seuil de 1 500 € porte sur la preuve du prêt, celui de 5 000 € sur la déclaration fiscale. Confondre les deux conduit souvent à oublier l’une des obligations.

Déclaration fiscale du prêt : le formulaire 2062 au-delà de 5 000 €

Une autre formalité peut s’appliquer, cette fois auprès de l’administration fiscale. Lorsque le total des prêts accordés à un même emprunteur dépasse 5 000 € au cours d’une année, ces prêts doivent être déclarés à l’aide du formulaire n° 2062, joint à votre déclaration de revenus.

Le calcul se fait par emprunteur et sur l’année. Vous pouvez donc avoir prêté plusieurs petites sommes à la même personne, sans jamais dépasser 1 500 € d’un coup, et devoir malgré tout déclarer l’ensemble si le cumul franchit 5 000 €.

Conserver la preuve et agir en justice : délai de 5 ans

L’original de la reconnaissance de dette doit être conservé jusqu’au remboursement intégral du prêt. Un double ou une copie scannée ne remplace pas toujours le document signé, il vaut donc mieux garder l’original en lieu sûr.

Lorsque la somme devient exigible, c’est-à-dire lorsque le remboursement est dû, vous disposez de 5 ans pour agir en justice afin d’obtenir le paiement. Passé ce délai, la créance se prescrit et le recouvrement devient beaucoup plus difficile. En cas de non-remboursement, commencez par une relance écrite qui rappelle le montant et les échéances convenues, car elle sert souvent de première étape avant toute procédure.

Prêter à un proche reste possible sans risque majeur, à condition de transformer la confiance en document. Un écrit clair, conservé soigneusement, vous évite de perdre votre argent et votre relation pour une question de preuve.

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