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22 octobre 2026 à 5h40
Publié le 22 octobre 2026 à 6h16

Le mode « hiver » des fenêtres existe-t-il vraiment ? Ce qu’il change, et ce qu’on lui prête à tort

Oui, le mode hiver existe, mais il faut le remettre à sa juste place. Sur la plupart des fenêtres à ouverture oscillo-battante, un réglage des ferrures […]

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Oui, le mode hiver existe, mais il faut le remettre à sa juste place. Sur la plupart des fenêtres à ouverture oscillo-battante, un réglage des ferrures permet de serrer davantage le vantail contre son joint lorsque la fenêtre est fermée. Le gain porte donc sur l’étanchéité à l’air, pas sur l’isolation du vitrage ni sur la température de la pièce. Le réglage peut supprimer quelques courants d’air, mais il ne fera pas chuter votre facture de chauffage de façon spectaculaire.

Le « mode hiver » des fenêtres existe-t-il vraiment ?

Le terme est surtout employé par certains fabricants et installateurs pour désigner une position particulière des galets excentriques, les petites pièces qui relient le ouvrant au dormant. Sur les ferrures, on trouve souvent deux repères, « été » et « hiver ». La position « hiver » plaque le châssis un peu plus fort contre le joint, tandis que la position « été » le laisse légèrement plus libre, ce qui facilite la ventilation naturelle.

Le sujet a pris une ampleur particulière sur les réseaux sociaux, où des vidéos promettent des économies immédiates de 20 % ou davantage en basculant simplement sa fenêtre. Ces affirmations ne reposent sur aucune mesure sérieuse. Le réglage existe bien, mais son effet est limité et souvent surestimé, ce qui explique la confusion autour de cette astuce.

Ce que le réglage change concrètement sur la fenêtre

Concrètement, on agit sur les galets excentriques, généralement en tournant un ergot à l’aide d’une clé six pans ou d’un tournevis, à la hauteur des paumelles. Chaque tour déplace légèrement le vantail vers le dormant. Le joint d’étanchéité est alors davantage comprimé, un peu comme une éponge qu’on presse : il bouche mieux les interstices. C’est ce qui améliore l’étanchéité à l’air de la menuiserie.

Le réglage ne modifie ni le vitrage, ni l’épaisseur des profilés, ni la composition du mur autour de la fenêtre. Il agit donc sur les fuites d’air, pas sur les pertes de chaleur par conduction à travers la vitre ou le cadre. C’est une nuance importante, que beaucoup d’articles viraux oublient de mentionner.

Ce qu’on lui prête à tort : économies et isolation miracles

Le premier malentendu porte sur l’isolation. Une fenêtre bien réglée n’est pas plus isolante qu’une fenêtre mal réglée au sens thermique du terme. Le niveau d’isolation dépend surtout du type de vitrage, comme le double vitrage ou le triple vitrage, et de la qualité du cadre. Le réglage intervient sur le confort ressenti près de la fenêtre, là où l’air froid entrait autrefois.

Le second malentendu concerne les économies. Les infiltrations d’air par les menuiseries représentent une part réelle des déperditions, mais elles restent minoritaires par rapport aux murs, à la toiture ou au vitrage. Un réglage seul ne suffit donc pas à produire une baisse marquée de la consommation énergétique. Le gain réel dépend de l’état initial de la fenêtre et de la façon dont elle est ensuite utilisée.

Les risques d’un mauvais réglage ou d’une mauvaise utilisation

Serrer trop fort n’améliore pas l’étanchéité, il l’abîme. Un excès de pression use plus vite les joints, qui deviennent cassants, et impose une contrainte inutile aux ferrures. Certains vantaux finissent par frotter sur le dormant, la poignée devient dure à manœuvrer et la fenêtre peut même se déformer avec le temps. Les dégâts se voient souvent après une saison ou deux.

L’autre risque tient à l’usage. Une fenêtre fermée de manière quasi hermétique limite le renouvellement de l’air. Sans aération suffisante ni ventilation fonctionnelle, l’humidité s’accumule et la condensation apparaît sur les vitrages et dans les angles, avec un risque de moisissures. Une fenêtre étanche doit donc toujours être couplée à une ventilation qui fonctionne, et à un geste simple : aérer 10 minutes par jour.

Ce qui réduit réellement les déperditions de chaleur

Les professionnels, qu’il s’agisse du CSTB, de l’ADEME ou des fabricants, s’accordent sur un point : les gains les plus solides viennent d’un ensemble de gestes plutôt que d’un réglage isolé. Le premier consiste à vérifier l’état des joints d’étanchéité, à remplacer ceux qui sont durcis ou décollés, et à nettoyer les rails pour qu’ils restent souples. Cette opération est peu coûteuse et souvent plus efficace qu’un réglage seul.

Il faut ensuite veiller aux entrées d’air et à la VMC. Obstruer une entrée d’air pour limiter le froid est une erreur fréquente, car elle prive le logement de son renouvellement d’air. Enfin, les rideaux thermiques, ce qu’ils changent vraiment, les volets fermés la nuit et un vitrage performant restent les leviers les plus puissants pour le confort thermique. Pour les menuiseries anciennes, un professionnel peut mesurer l’état réel de la fenêtre et proposer un réglage adapté, ce qui évite les mauvaises surprises.

Le mode hiver est donc un vrai réglage, utile pour corriger un léger défaut d’étanchéité, mais il ne remplace ni une bonne ventilation ni une isolation performante. Mieux vaut le considérer comme une petite pièce d’un ensemble plutôt que comme une solution miracle pour réduire la facture.

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