Jordan Bardella veut aller plus loin que le principe « casseur-payeur ». Selon lui, les allocations familiales versées aux parents de mineurs récidivistes impliqués dans des dégradations devraient être suspendues. Le président du Rassemblement national a formulé cette proposition le 19 octobre, lors d’une interview sur CNews et Europe 1, alors que le texte sur la responsabilité financière des casseurs doit être examiné au Sénat à partir du 27 octobre.
Ce que propose Jordan Bardella : suspendre les allocations familiales des parents de mineurs récidivistes
Le RN soutient le projet de loi qui vise à faire participer les auteurs de dégradations au paiement des dégâts commis lors de manifestations violentes. Jordan Bardella a annoncé qu’il voterait ce texte. Sa proposition va cependant plus loin, puisqu’il estime que les parents devraient aussi payer quand leur enfant ne le peut pas : «Si tu ne peux pas payer, ce sont tes parents qui paieront jusqu’au dernier euro», a-t-il prévenu.
Il évoque directement la suspension des aides sociales versées aux familles de mineurs récidivistes impliqués dans des dégradations. Sa formule est claire : «j’assumerai la décision de suspendre les aides sociales aux parents de ceux qui détruisent au mépris de l’ordre public». S’il accédait au pouvoir, il souhaiterait rendre le principe systématique. Il s’agit pour l’instant d’une déclaration d’intention, et non d’une mesure votée.
Le projet de loi « casseur-payeur » examiné au Sénat à partir du 27 octobre
L’annonce de Jordan Bardella fait suite à celle de Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, qui a indiqué le 5 octobre que le Sénat examinerait un projet de loi instaurant le principe du « casseur-payeur ». Le texte prévoit de créer «une forme de responsabilité collective». Concrètement, une personne appartenant à un groupe impliqué dans des dégradations pourrait être appelée à contribuer au paiement des dommages.
Le texte doit être examiné en première lecture à partir du 27 octobre. Interrogé sur son vote, le président du RN a répondu : «Oui, et nous voterons toutes les mesures qui vont dans le bon sens.» Les modalités définitives, notamment la responsabilité financière des personnes impliquées dans des violences collectives, dépendront des débats parlementaires.
Qui serait visé : les parents de mineurs impliqués dans des dégradations
La mesure viserait les parents de mineurs récidivistes, c’est-à-dire des jeunes déjà impliqués à plusieurs reprises dans des dégradations. Le critère de la récidive joue donc un rôle central, car il distingue un incident isolé d’un comportement répété. Le raisonnement repose sur la responsabilité parentale : ce sont les parents qui seraient sanctionnés pour les actes de leur enfant mineur.
Les contours restent flous. Les déclarations ne précisent ni ce qu’il faut entendre par dégradation, ni comment établir le lien entre l’enfant et le versement des prestations, ni quelles aides exactement seraient concernées au-delà des allocations familiales versées par la CAF.
Un dispositif réalisable ? Le cadre juridique actuel et ses limites
Le droit français connaît déjà des cas de suspension d’allocations familiales, notamment lorsque la responsabilité parentale est engagée à la suite de l’absentéisme scolaire répété d’un enfant. Ces mécanismes existent, mais ils ne visent pas, en tant que tels, des dégradations commises lors de manifestations. Étendre la sanction à ce type de faits supposerait de modifier le cadre existant, et le détail de ces textes devra être examiné au moment des débats.
Plusieurs questions juridiques se posent. La sanction frapperait des personnes qui n’ont pas forcément participé aux faits, ce qui interroge au regard du principe selon lequel une sanction vise en principe la personne responsable. La notion de « mépris de l’ordre public » reste également large, et son application concrète dépendrait de l’appréciation des autorités. Enfin, la mesure pourrait concerner d’autres aides sociales que les allocations familiales, ce qui élargirait son champ.
Déclaration, projet ou loi : ce qui est acté aujourd’hui
Une prise de position du président du RN, un soutien affiché au texte « casseur-payeur » et un projet de loi qui doit être débattu au Sénat. La suspension des allocations familiales des parents de mineurs récidivistes n’est pas, à ce stade, une mesure en vigueur.
Réactions et place de la mesure dans le programme du RN
Cette déclaration s’inscrit dans une ligne sécuritaire que le Rassemblement national défend depuis plusieurs années, avec l’idée que les auteurs de violences et leurs familles doivent assumer les conséquences financières. Elle arrive après des manifestations violentes qui ont relancé le débat sur l’ordre public et sur la responsabilité des personnes qui commettent des dégâts.
Les réactions à cette proposition précise ne sont pas détaillées dans les éléments disponibles. Le sujet divise toutefois nettement : certains y voient une réponse ferme à des violences répétées, d’autres une sanction qui pèse sur des familles sans lien direct avec les faits. Les dates à suivre sont les suivantes :
- Le 5 octobre, Maud Bregeon annonce l’examen du projet de loi au Sénat.
- Le 19 octobre, Jordan Bardella affirme qu’il votera le texte et évoque la suspension des aides aux parents.
- Le 27 octobre, le Sénat commence l’examen en première lecture.
Le vrai test viendra du texte qui sortira des débats. Il dira si la responsabilité collective des casseurs est retenue, et si la suspension des allocations des parents reste une position de campagne ou se transforme en disposition concrète.
- Radiateur froid en bas et brûlant en haut, le geste de dix minutes que beaucoup oublient - 28 octobre 2026 à 18h38
- Parents de mineurs casseurs récidivistes, les allocations que Jordan Bardella veut suspendre - 28 octobre 2026 à 17h26
- Pompes funèbres en plein deuil, ce que le devis doit afficher avant que vous ne signiez - 28 octobre 2026 à 16h29
À lire aussi
Pompes funèbres en plein deuil, ce que le devis doit afficher avant que vous ne signiez
Vous n’avez plus grand-chose à dire à votre frère ou votre sœur, ce que ça révèle vraiment
Radiateur soufflant chaque soir, ce que ça vous coûte vraiment et pourquoi jamais la nuit
Électricité : une hausse est déjà programmée au 1er février 2027, avec le reliquat de l’ancien mécanisme
Congélateur à moitié vide, ce que les foyers glissent dedans à l’automne pour qu’il force moins
Pourquoi les pillards ont visé les cartes Pokémon pendant la manifestation du 17 octobre à Paris



