Avant de valider une commande de fioul cet hiver, le livreur doit vous dire combien la baisse représente, en euros par litre. Ce chiffre n’est pas une option : il découle directement du décret publié au Journal officiel le 24 octobre 2026, qui fait entrer le fioul domestique dans le dispositif de baisse des prix. Voici ce que vous devez demander, dans quel ordre, et comment vérifier le montant annoncé.
Le livreur doit vous annoncer la baisse en euros par litre avant que vous ne validiez la commande
L’article 3 du décret pose la règle en une phrase : « Le client final est informé, préalablement à la conclusion de la vente, du montant de la baisse de prix unitaire applicable à celle-ci, exprimé en euros par litre ». L’information doit donc arriver avant la conclusion de la vente, et non après la livraison ni sur le bon que le chauffeur vous tend à la porte.
Le montant annoncé doit être au moins égal à l’avantage reversé sur votre vente, rapporté au volume livré. Le livreur peut transmettre cette information par tout moyen adapté à sa façon de vendre : devis, mail, appel téléphonique ou site internet. Pour les particuliers, un arrêté du ministre de l’Économie doit encore préciser les modalités.
La mention sur la facture ne vaut que pour les ventes à un professionnel. Un particulier est protégé par l’information donnée avant la vente, qui porte sur la baisse applicable à sa propre commande. Un devis, un mail ou un SMS en garde la trace, et c’est ce document que vous devrez produire si le montant ne correspond pas à ce que vous payez.
Pourquoi l’État ne chiffre rien : le mécanisme des stocks de gazole et l’avantage à reverser
Le décret ne donne aucun montant, et ce n’est pas un oubli. Le chiffre dépend de ce que chaque entreprise a réellement reçu comme avantage. Tout part de la SAGESS, la société qui gère les stocks stratégiques de pétrole de l’État : elle peut vendre jusqu’à 1,6 million de m³ de gazole, soit environ 10 millions de barils, aux entreprises qui mettent ce carburant sur le marché.
Le point essentiel tient au prix facturé. La SAGESS ne vend pas au prix du marché mais à son coût d’achat moyen. La différence entre les deux forme l’avantage, que le décret oblige à reverser aux clients sous forme de baisse du prix de vente du gazole, du fioul domestique et du pétrole lampant. Le fioul de chauffage est donc bien visé, au même titre que le carburant des automobilistes (pour le détail côté pompe, lire gazole toujours plus cher que l’essence).
Le 20 octobre, aucun texte n’était encore publié et un seul livreur avait annoncé sa remise. La baisse repose désormais sur une obligation écrite, et non plus sur la seule annonce d’un distributeur. Le montant exact, lui, reste à la charge de chaque entreprise de la chaîne, ce qui explique pourquoi c’est à vous de le demander.
Quand la baisse doit apparaître sur le prix du litre : le calendrier, du 1er novembre à fin mars
La baisse s’applique à compter du 1er novembre 2026, « dans les meilleurs délais », y compris avant que l’entreprise ait reçu ses barils. Le décret ne fixe donc aucun jour précis où chaque livreur doit afficher la baisse. Il fixe une limite : la totalité de l’avantage doit avoir été reversée au plus tard le 31 mars prochain.
Les dates s’enchaînent ainsi :
| Date | Ce qui se passe |
|---|---|
| 24 octobre 2026 | Publication du décret au Journal officiel |
| 28 octobre 2026 | Première date annoncée pour la vente de barils aux distributeurs |
| 1er novembre 2026 | Début de la baisse sur les prix de vente |
| 31 janvier prochain | Fin des ventes de barils par l’État |
| 31 mars prochain | Date limite pour reverser la totalité de l’avantage |
| 15 avril prochain | Fin d’application du décret |
Ce calendrier explique pourquoi la baisse ne sera pas forcément identique partout le 1er novembre. Chaque entreprise reverse l’avantage qu’elle a reçu, et la baisse peut différer d’un livreur à l’autre jusqu’à la fin mars. L’obligation pèse sur chaque maillon ayant reçu une part de l’avantage, du distributeur jusqu’au livreur, mais pas sur le client final. Un livreur qui n’a reçu aucune part de l’avantage n’a rien à répercuter.
Reste la question la plus pratique : faut-il commander avant ou après le 1er novembre ? Le texte ne tranche pas entre la date de commande et la date de livraison. Il s’applique aussi aux ventes faites dans le cadre d’un contrat en cours. La réponse dépend donc de chaque livreur, et c’est la première chose à lui demander avant de fixer un jour de livraison.
Comment demander le chiffre, le vérifier avant de valider et réagir si la baisse n’apparaît pas
Une réponse orale au téléphone ne suffit pas. Demandez le montant par écrit, et assurez-vous que votre devis ou votre mail précise trois points :
- le montant de la baisse en € par litre pour votre livraison, et s’il est déjà retiré du prix annoncé ;
- la date retenue, celle de la commande ou celle de la livraison ;
- la durée de la baisse, pour une seule livraison ou jusqu’au 31 mars prochain.
Vérifiez ensuite que le bon de commande et les conditions générales de vente reprennent ce même montant : un écart entre ces documents est un signal à ne pas ignorer. Pour situer le prix proposé, vous pouvez le comparer au relevé de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC). Ce relevé donnait 1,9517 € toutes taxes comprises le 23 octobre, pour une livraison de 2 000 à 4 999 litres.
Chaque centime compte : 20 € sur 2 000 litres
Un centime de baisse par litre représente 20 € de moins pour une livraison de 2 000 litres (2 000 × 0,01 €). Il s’agit d’une estimation indicative, à recouper avec le montant écrit que vous recevez.
Si la baisse n’apparaît pas sur le prix payé, ou si le montant annoncé avant la vente ne correspond pas à ce que vous réglez, réclamez-le par écrit en citant votre devis ou votre mail. Si vous avez versé un acompte, conservez le justificatif de paiement et la trace de l’annonce. Ces deux éléments sont vos meilleures preuves dans une discussion avec le livreur.
Locataire ou copropriétaire : qui commande, qui paie et qui doit voir la baisse
L’obligation porte sur la vente au client final, c’est-à-dire sur la personne qui achète le fioul. Ce qui compte, c’est donc celle qui passe commande auprès du livreur : c’est elle qui doit recevoir le montant avant de valider. Si vous commandez pour un logement que vous n’occupez pas, demandez le chiffre au moment de la commande et gardez-en la trace.
Pour un locataire dont les frais de chauffage sont récupérables auprès du propriétaire, la baisse change directement la somme réellement payée, et donc ce qui pourra être réclamé ensuite. Dans une commande groupée, le montant doit être annoncé à chacun des acheteurs concernés. La répartition entre locataire et propriétaire ne se règle pas avec le livreur, mais avec votre bailleur ou votre syndic.
Le fioul reste un poste lourd cet hiver (voir aussi le coup de pouce de l’État au fioul). Prendre quelques minutes pour obtenir ce chiffre par écrit évite de payer une commande sans savoir ce qui a été déduit du prix.
- Commande de fioul cet hiver, le chiffre que le livreur doit vous donner avant que vous validiez - 5 novembre 2026 à 16h28
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